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J’ai raté une battle à côté de chez moi. J’ai fini par coder beatbox·world.

2016, je rencontre PACMax. 2017, on finit top 4 du championnat de France en tag team. 2019, j’arrête tout. Et quand je reviens, cinq ans plus tard, je n’arrive même plus à trouver une battle.

Je reprends le beatbox au printemps 2025, après cinq ans d’arrêt. Une seule envie : refaire de la compétition. Et je passe des semaines à ne rien trouver.

Pas parce qu’il n’y a rien — il y a des battles partout en France. Mais l’info vit dans une story qu’il faut ouvrir le bon jour, dans un groupe où il faut être invité, dans une conversation qu’il faut avoir eue. J’ai appris qu’une battle s’était tenue juste à côté de chez moi en écoutant un pote la raconter. Après.

Cette frustration-là, c’est tout ce qu’il y a à l’origine de beatbox·world.

Avant ça, il y a eu une équipe

  1. 2016 Je rencontre PACMax🇫🇷. On devient potes très vite — c’est vraiment là que tout commence.
  2. 2017 On monte MNM'S🇫🇷 et on s’inscrit au Tag Team2017🇫🇷. On passe les élims : top 4.
  3. 2018 On remet ça, encore top 4 en Tag Team2018🇫🇷 — et je me lance en solo, Solo Hommes2018🇫🇷.
  4. 2019 J’arrête. Il me faut un vrai métier et une situation stable. Ça durera cinq ans.
  5. 2025 Je remets les pieds sur une scène, au Tolosa Beatbox Show2025🇫🇷.
  6. 2026 Je recompète. Et chaque battle me donne un peu plus envie de finir l’app.

En 2016, je rencontre PACMax🇫🇷. On devient amis beaucoup plus vite que prévu, et c’est de là que tout part sérieusement. L’année suivante on monte notre tag team, MNM'S🇫🇷, et on s’inscrit au championnat de France organisé par Beatbox France🇫🇷. On passe les élims. On finit top 4.

Ce top 4 nous a ouvert plus de portes que tout le reste : des contacts, des invitations, des gens qui savent qui tu es. En 2018 on remonte en demi-finale en tag team, et je tente le solo pour la première fois — top 16. J’étais tellement content.

Et puis 2019. J’arrête pour de vrai : il me faut un métier, une stabilité financière. Le beatbox passe en pause. Cinq ans.

Le retour, et le mur

Quand j’ai eu à nouveau du temps, je voulais juste beatboxer. Compétir. Sauf que trouver un event, c’est à chaque fois un coup de chance : du bouche-à-oreille, une story vue par hasard, un pote qui pense à toi. Et petit à petit, une question a commencé à me travailler.

Pourquoi il n’y a pas juste une app que j’ouvre et qui me dit, tout de suite, qu’il y a une battle près de moi ?

Entre-temps, je suis devenu développeur. Donc cette question ne s’est pas arrêtée à l’état de vœu : je voyais comment la rendre réelle. L’idée est restée, et à chaque event où j’allais, je l’alimentais un peu plus.

La boîte de Pandore

Pour qu’une app comme ça dise vrai, il faut que ce soit les organisateurs eux-mêmes qui y déposent leur event. Personne d’autre ne connaît la date, le lieu, les catégories avant tout le monde.

Mais si l’event est déjà dans l’app… pourquoi est-ce que je n’y enverrais pas directement ma wildcard ? Et si les wildcards y sont, pourquoi le jury n’y noterait pas ? Et si le jury note dans l’app, alors les résultats, les brackets, les vidéos, les classements — tout ça s’archive tout seul, sans que personne n’ait à ressaisir quoi que ce soit.

Chaque réponse ouvrait la suivante. Et au bout de la chaîne, il n’y avait plus un annuaire d’events : il y avait la mémoire de la scène, qui s’écrit toute seule.

Sauf qu’un truc comme ça ne peut pas marcher à moitié.

Ça ne marche que si tout le monde y gagne.

Une plateforme comme celle-là ne vaut rien avec la moitié de la scène dessus. Ça ne peut donc pas être une faveur qu’on demande. Il faut que chacun y trouve son compte à son étape — et alors la contribution devient naturelle. Personne ne « remplit une base de données » : chacun fait son truc, et l’archive apparaît en sortie.

  1. 1

    Les organisateurs

    publient la battle

    Inscriptions, brackets, check-in et jury — au même endroit, gratuitement.

  2. 2

    Les beatboxeurs

    la voient et s’inscrivent

    L’event apparaît près de toi. Ta wildcard part de ton téléphone.

  3. 3

    Le jury

    note dans l’app

    Pas de tableur, pas de bouts de papier. Chaque vote compté et affiché.

  4. 4

    L’archive

    s’écrit d’elle-même

    Résultats, brackets, vidéos et classements — dès la fin de la battle.

Puis j’en ai parlé à Pascal

Pascal Jardé — L1V3 — a tellement accroché qu’il m’a dit ce que je n’osais pas formuler : ça ne peut pas rester un projet du soir. On a monté la boîte. Pas pour « faire une startup » : pour que la vision ait les moyens d’exister pour de vrai, et de tenir dans le temps.

Une archive à laquelle on peut se fier

L’histoire du beatbox est une vraie histoire — des titres, des rivalités, des carrières. Le problème n’a jamais été qu’elle ne soit pas documentée : elle l’est, un peu partout. Elle n’est simplement pas structurée. Rien ne relie un résultat à son event, un event à son organisateur, un beatboxeur à ce qu’il a réellement fait.

Alors ici, tout est rattaché à un event et confirmé par l’organisateur qui l’a tenu. N’importe qui peut signaler une erreur ; personne ne peut réécrire un bracket en silence. Et l’Elo est rejoué battle par battle depuis l’archive elle-même — chaque note remonte à un match que tu peux ouvrir.

C’est aussi pour ça que les liens de cet article mènent quelque part. Chaque nom, chaque event, chaque catégorie cité plus haut est une page de l’archive — pas une illustration.

Et maintenant

Depuis, je suis retourné en battle : le Tolosa Beatbox Show2025🇫🇷, l’Esperanza Beatbox Battle2026🇫🇷, le Bus Stop Battle2026🇫🇷. L’app n’existe pas encore — et c’est justement à chaque event que l’évidence revient : l’info qui ne circule qu’au bouche-à-oreille, les inscriptions bricolées, les résultats qui ne partent nulle part. Chaque battle m’a donné un peu plus envie de finir ce truc.

Il faut que cette app existe. La communauté en a besoin — et elle n’existera vraiment que si on la construit ensemble. Si tu organises, si tu juges, si tu compètes, si tu connais une scène ou une année qui manque à l’archive : viens nous en parler.